Carnage dans une ecole amish aux USA

Carnage dans une ecole amish aux USA

Le tueur, un père de famille sans histoire

Charles Roberts, le livreur de lait qui a fait une irruption meurtrière dans une école de la paisible campagne amish était un père de famille tranquille qui avait accompagné ses enfants au bus scolaire lundi avant d'exécuter de sang froid plusieurs fillettes au cours d'un carnage minutieusement préparé.

Ses derniers mots auront été pour son épouse qu'il a appelé depuis l'école - où il a été retrouvé mort au milieu de ses victimes - pour lui dire "je t'aime".

Agé de 32 ans, marié et père de trois enfants, il n'appartenait pas à la communauté amish et n'avait jamais attiré l'attention des autorités.

"C'est un chauffeur routier qui travaillait la nuit comme livreur de lait" a indiqué lors d'une conférence de presse le porte-parole de la police de Pennsylvanie (est), Jeffrey Miller. "Il ramassait le lait dans les fermes et l'acheminait à la laiterie".

"Il connaissait les gens du voisinage" a-t-il confirmé. "Il n'habitait pas très loin d'ici et sa famille est du coin" a-t-il ajouté. "Ce n'est pas un étranger, il savait où se trouvait l'école et qui y allait".

Il n'a rien changé à sa routine lundi et a travaillé jusqu'à 3 heures du matin, avant de conduire un peu plus tard ses enfants au bus scolaire. Il a ensuite emprunté le pickup d'un membre de sa famille pour se rendre à l'école amish.

L'attaque du petit établissement a commencé par une prise d'otages où le tueur a procédé à une sélection des victimes. Il a d'abord fait sortir les garçons, l'institutrice et des assistantes, gardant seulement les fillettes.

"Il semble qu'il voulait s'en prendre à des victimes de sexe féminin" a indiqué la police, qui a précisé que toutes les petites filles, une dizaine en tout, avaient été blessées ou tuées.

Le meurtrier a laissé des messages à sa famille pour expliquer son geste, dans lesquels il parle d'une vengeance pour quelque chose qui lui est arrivé il y a vingt ans. "Il tient un discours confus et assez incompréhensible" a indiqué le porte-parole qui n'a pas révélé le contenu des messages.

Toutefois les autorités ont indiqué, sans précision, "avoir une idée" sur les événements survenus il y a 20 ans.

"Sa femme pensait que tout allait bien jusqu'au moment où elle est rentrée chez elle dans la matinée et a vu les mots", a ajouté le porte-parole.

Charles Robert a appelé sa femme une dernière fois alors qu'il se trouvait à l'intérieur de l'école, sans lui dire où il était, et lui aurait dit "qu'il ne pouvait plus continuer" et qu'il "l'aimait".

Au moins quatre fillettes ont été tuées et six blessées, dont plusieurs grièvement, selon le dernier bilan.

Répartis sur trois Etats américains, les amish sont des descendants de chrétiens suisses-allemands. Ils sont peu nombreux: 180.000, dont 50.000 en Pennsylvanie et vivent simplement, travaillant dans des fermes, utilisent des chevaux pour se déplacer, hors de la modernité, sans voiture ni électricité.

Lundi plusieurs familles amish en costumes traditionnels étaient rassemblées autour de la petite école dans l'incompréhension et le chagrin.

# Posté le lundi 09 octobre 2006 08:42

Carnage dans une ecole amish aux USA

Carnage dans une ecole amish aux USA
Jeudi 5 octobre 2006

Etats-Unis: les amish enterrent quatre des cinq victimes du tueur de l'école


La communauté amish de Pennsylvanie (est) a enterré jeudi dans la discrétion et le recueillement quatre des cinq petites victimes de Charles Roberts, responsable lundi d'un carnage dans une école avant de se suicider.

Plusieurs centaines d'amish se sont rassemblés, venus à pied et en calèche, pour rendre un dernier hommage à Naomi Rose Ebersole, 7 ans, Marian Fisher, 13 ans, Mary Liz Miller, 8 ans et sa soeur âgée de 7 ans, Lena.

Les cérémonies se sont déroulées dans l'intimité de la communauté, la police ayant tenu à l'écart médias et curieux. Les journalistes ont été rassemblés dans un gymnase, les survols d'hélicoptères interdits et les routes entourant les lieux de cérémonies bloquées.

La cinquième enfant tuée, Anna Mae Stoltzfus, 12 ans, devait être enterrée vendredi. Selon des médias, une sixième blessée serait sur le point de mourir.

Pour chaque victime, habillée de blanc dans un cercueil ouvert, des prières ont été organisées dans les maisons des familles, avec des processions de calèches ensuite jusqu'à un cimetière.

Devant une maison de voisins, une pancarte a été installée en solidarité avec la communauté amish: "Nos pensées et nos prières pour toutes les familles".


Les amish, des protestants anabaptistes qui vivent retirés du monde moderne, sans électricité, voiture ni moyen de communication, et parlent une langue issue de l'allemand, n'ont pas d'églises. Pour pratiquer leur religion, ils se réunissent en groupes d'une vingtaine de familles, à tour de rôle chez l'un d'entre eux, pour lire la Bible et prier.

Lundi, Charles Roberts, un chauffeur-livreur de lait de 32 ans, père de trois enfants et non-amish, a pénétré armé jusqu'aux dents dans la petite école de Nickel Mines, un bâtiment d'une seule pièce planté au milieu de champs. Après avoir fait sortir les garçons, il a attaché une dizaine de fillettes au tableau noir. Quand la police est arrivée, il a commencé à tirer sur ses otages: cinq fillettes de 7 à 13 ans sont mortes, cinq de 6 à 13 ans ont été blessées.

Le père de plusieurs survivants a raconté au New York Times qu'il y avait eu un dialogue entre les fillettes et Roberts. "Elles ont parlé avec lui et lui ont demandé pourquoi il agissait ainsi", a relaté Leroy Zook. "Et il leur a dit pourquoi: il était en colère contre Dieu, il était juste amer. Il leur a dit qu'elles devaient prier pour lui".

Il a ajouté que l'aînée des filles, âgée de 13 ans, avait alors supplié le tueur: "Tue moi et laisse les autres tranquille".


Avant de mourir, Charles Roberts a eu un contact téléphonique avec sa femme au cours duquel il lui a expliqué avoir abusé d'enfants en bas âge de son entourage alors qu'il avait 12 ans et précisé dans une lettre qu'il avait envie de recommencer. Il a aussi dit en vouloir à Dieu pour la perte il y a neuf ans d'une de ses enfants, née prématurément et décédée 20 heures après sa naissance.

Les familles des petites victimes amish n'ont fait preuve jusqu'à présent d'aucun esprit de revanche ou de colère. Certaines ont remercié Dieu que le tueur se soit suicidé et n'ait pas abattu tous ses otages.

Leroy Zook a précisé au New York Times qu'il avait serré la main du beau-père de l'assassin. "Je pense que cela l'aide de rencontrer des gens, et de voir qu'il n'y a pas de rancune" à l'égard du tueur. "Comment peut-on en vouloir à son épouse, à sa famille?", a-t-il demandé.

Les amish, au code vestimentaire proche de celui porté dans les campagnes européennes au 17e siècle, figurent parmi les plus pacifistes des Américains. Le pardon est un principe fondateur de leur mouvement protestant. Traiter son voisin comme soi-même, ne pas se battre, ne pas résister, figurent dans leurs valeurs.

La communauté amish compte 50.000 membres en Pennsylvanie, 200.000 au total répartis dans une vingtaine d'Etats aux Etats-Unis.

# Posté le lundi 09 octobre 2006 08:41

Carnage dans une ecole amish aux USA

Carnage dans une ecole amish aux USA
Le bilan du carnage dans une école amish aux Etats-Unis s'alourdit: cinq fillettes tuées


Le bilan du carnage lundi dans une école amish de Pennsylvanie (est) s'est alourdi avec deux décès supplémentaires, portant à cinq le nombre d'enfants tués, alors que la police cherchait toujours mardi à comprendre les motivations de l'assassin.

Une fillette, âgée de sept ans, est morte mardi vers 04H30 (08H30 GMT) de ses blessures, a déclaré Sean Young, un porte-parole du Penn State Hershey Medical Center à Hershey, en Pennsylvanie. Une autre élève, dont l'âge n'a pas été précisé, était décédée quelques heures après son admission dans un hôpital.

Six enfants blessées dont certaines dans un état grave sont toujours en soins intensifs. Elles sont victimes "de blessures multiples, parfois à la tête", selon Jeffrey Miller, porte-parole de la police.

Le tueur, Charles Roberts, un père de famille de 32 ans, s'est suicidé dans la petite école de Nickel Mines après avoir abattu deux fillettes et une adolescente.

Dans l'école, bâtie au milieu de champs et constituée d'une pièce unique, il avait trié les enfants, laissant partir les garçons et les adultes, et avait aligné et attaché onze fillettes le long du tableau noir. Il n'a laissé que peu d'éléments pour expliquer son geste.


"Nous sommes en train de travailler à ce sujet, allons interroger des gens et espérons avoir un peu plus de clarté sur ses motivations et sur ce qu'il pensait lorsqu'il a préparé et mené ses attaques", a déclaré mardi sur CNN Jeffrey Miller. "Nous allons essayer d'expliquer l'inexplicable".

"Sa femme et sa famille n'ont vu aucun signe qu'il préparait quelque chose comme cela. Il est désormais évident qu'il avait tout planifié, au moins deux ou trois jours avant. Il avait prévu de tenir un siège à cette école et il avait assez d'équipements, de munitions et d'armes, pour y rester pendant un long moment", a-t-il ajouté.

Le porte-parole a précisé que l'identification des fillettes blessées avait été compliquée par l'absence de photos et par le fait que les parents ne prenaient pas l'avion. Certaines familles ont été acheminées par véhicules dans des hôpitaux qui n'étaient pas les bons, a-t-il dit.

La communauté amish compte 50.000 membres en Pennsylvanie, qui vivent loin de toute modernité, se déplacent en calèches et n'ont ni téléphone, ni électricité. Pacifiques, les amish sont des descendants de chrétiens suisses-allemands.

A Leola, près de Lancaster, à une trentaine de kilomètres de Nickel Mines, une cérémonie religieuse était prévue dans la soirée.


"Il n'y a pas de crime plus atroce que le meurtre délibéré d'enfants innocents. S'attaquer à des amish ajoute à l'horreur d'un tel acte barbare", a commenté Rob Schenck, président d'un organisme religieux, le National Clergy Council, qui devait prier avec des familles de victimes dans la journée.

Aux Etats-Unis, où trois attaques meurtrières se sont produites en moins d'une semaine dans des écoles du Wisconsin, du Colorado et maintenant en Pennsylvanie, le débat récurrent sur la possession des armes à feu est relancé.

"Personne ne prendra la défense d'un homme qui fait irruption dans une école amish, aligne des petites filles contre un tableau, leur attache les pieds et les tue avant de se tuer", a ainsi écrit le New York Times dans un éditorial. "Mais un nombre surprenant de gens prendront inévitablement la défense de ses armes et, s'ils considèrent l'homme coupable, jugent ses armes innocentes".

"Certains font valoir que rien - et encore moins les lois qui contrôlent les armes - ne peut arrêter un forcené, mais cela ne signifie pas qu'il ne faut pas essayer". "Nous espérons que la catastrophe qui frappe la communauté amish de Nickel Mines réveillera la nation et l'amènera à faire quelque chose sur une folie qu'elle peut contrôler", estime de son côté le Washington Post.

# Posté le lundi 09 octobre 2006 08:39

Hommage a deux Anges disparus trop tot ** Madison et Mathias **

Hommage a deux Anges disparus trop tot ** Madison et Mathias **
Mercredi 10 Mai 2006

A Moulins-Engilbert, les jeunes spéculent sur la mort de Mathias.

Voir la photo ( Mathias )

Ils ont entre 19 et 23 ans, sont, pour plusieurs d'entre eux, au chômage et, comme d'autres habitants de Moulins-Engilbert, n'ont plus qu'une occupation: spéculer sur le viol et le meurtre du petit Mathias, retrouvé mort dimanche dans leur village.

Massés autour de leur quartier général -une portion de parking au coeur de ce bourg de 1.500 âmes-, Xavier, Christopher, Vincent et les autres ressassent les faits en éclusant des bières, échafaudent des hypothèses sur le drame et portent un regard acide sur un village qui, selon eux, "ne les a jamais aimés".

"Ce truc qu'est arrivé, c'est horrible mais ça m'étonne pas tant que ça. C'est dans les bleds paumés comme le nôtre que ça arrive. Ici, y a rien à faire et y a vraiment pas mal de gens +cheulou+ (louches en verlan)", affirme Yohan, 23 ans, sans emploi, piercing au menton et cigarette à la bouche.

Rassemblés autour de lui, ses comparses confirment. "C'est sûr que c'est un mec du coin qui a fait ça. Faut vraiment connaître le village pour traîner près de ce ruisseau, derrière la salle polyvalente" (où a été retrouvé le corps du jeune Mathias, 4 ans), assure Xavier, alias Xu, 21 ans, pompier né dans ce village.

Entre deux bouffées de cigarettes, tous compatissent avec les parents du petit Mathias, évoquent une "vraie saloperie" et affirment être prêts "sans hésitation" à se soumettre aux tests ADN ordonnés par le procureur. Mais aucun d'entre eux ne communie vraiment avec les autres habitants du village.


"On n'a jamais fait de mal à personne, mais ici on nous prend pour des sauvages, des délinquants juste parce qu'on a parfois fait des petites conneries. Je suis sûr que certains vieux pensent même que c'est nous qui avons fait le coup", lâche Christopher, un militaire de 19 ans, surnommé Bistroy. "Tout le monde te juge ici, te catalogue. Il suffit que tu viennes d'un autre département pour qu'on te considère comme un étranger", poursuit Vincent, un jeune chômeur de 21 ans. Cette petite bande ne demande qu'une chose: "un petit local avec un baby-foot" pour se retrouver... et tromper l'ennui. "On s'emmerde grave ici mais c'est toujours mieux de s'emmerder à plusieurs", glisse Yohan.

Les hommes du village de Moulins-Engilbert ont commencé mardi à se soumettre aux tests ADN, qui pourraient permettre aux enquêteurs de mettre la main sur l'auteur du viol et du meurtre du petit Mathias, 4 ans, dans la nuit de samedi à dimanche. Des prélèvements biologiques "sont en cours et se poursuivront dans les prochains jours", a déclaré le procureur de Nevers Christian Gongora, qui s'est déplacé mardi après-midi à Moulins-Engilbert et s'est rendu sur le lieu où le corps de Mathias a été retrouvé. L'ampleur et la nature des prélèvements ADN (salive, prise de sang, etc) n'ont pas été précisées.

Le procureur a ajouté qu'il pourrait s'exprimer sur l'avancement de l'enquête mercredi. Aucune personne n'était placée en garde à vue mardi en milieu d'après-midi, a par ailleurs assuré une source proche de l'enquête, qui s'est bornée à dire que des vérifications étaient menées et qu'aucune piste n'était exclue. Mardi, des plongeurs de la gendarmerie ont effectué des fouilles dans le cours d'eau près duquel le corps de Mathias a été retrouvé.

Le petit garçon a été découvert dimanche matin, dénudé, à proximité de la salle polyvalente du village de Moulins-Engilbert, où se tenait la veille au soir une fête rassemblant de jeunes agriculteurs. Le garçon y était présent avec ses parents.


Selon les résultats de l'autopsie réalisée lundi, l'enfant a été violé par son agresseur et son décès est dû, "selon de très fortes probabilités", à sa noyade dans le ruisseau, devait révéler en fin de journée le procureur de Nevers Christian Gongora au cours d'une conférence de presse. Le magistrat a expliqué que les enquêteurs disposeraient d'une "empreinte génétique" de l'agresseur "d'ici à trois jours". "Les témoins de sexe masculin qui sont et seront entendus prochainement seront invités à se soumettre à des prélèvements biologiques", a-t-il alors annoncé.

Le procureur a souligné que les prélèvements seraient d'abord effectués auprès des hommes qui participaient à la fête de samedi, parmi les 150 personnes présentes. A Moulins-Engilbert (1.500 habitants), les hommes attendent les prélèvements avec "impatience", estimant que s'y soumettre est un "devoir" et que s'y soustraire serait "suspect". "C'est le seul moyen de faire avancer les choses et de trouver le coupable", affirme Guy, 47 ans.

# Posté le mercredi 10 mai 2006 15:05